Les annonces précédées d'un pictogramme crâne (☠) nous ont été relayées par le réseau Les morts, partenaire de cette section.
N'hésitez pas à nous soumettre les actualités qui nous auraient échappées.
L'Agence Nationale de la Recherche (ANR) a retenu un projet de recherche sur l'usage du cercueil.
Le projet est prévu sur une durée de 3 ans et associera la DGCL (Ministère de l'aménagement du territoire et de la décentralisation), le Conseil National des Opérations Funéraires (CNOF) et des chercheurs de plusieurs disciplines (droit, sociologie, anthropologie, chimie et biologie).
Le Sénat a récemment souligné le rôle central de la recherche académique dans le cadre des transitions funéraires.
"(La) collaboration entre l'administration et les équipes universitaires apportera au CNOF et au Gouvernement des réponses, d'une part sur les caractéristiques applicables aux cercueils et, d'autre part, sur la nécessité ou non d'en systématiser l'usage, ce qui permettra d'envisager les suites à donner."
https://www.senat.fr/questions/base/2026/qSEQ260207821.html
Dans le cadre du projet de recherche "GeTeM - Gestes et Territoires de la Mort en cendres", Pascaline Thiollière et Hélène Chaudeau souhaitent réaliser un état des lieux des sites de dispersions de cendres en France. Pour mieux comprendre les pratiques actuelles en vue d'imaginer des améliorations pour les aménagements cinéraires, elles lancent un appel à inventaire participatif afin de couvrir le plus possible de territoire (inventaire photographique accompagné de quelques questions).
En parallèle, une collecte de témoignages de dispersions en pleine nature est également en cours depuis 2023.
Revue Frontières, Volume 36, numéro 2, 2025 - Sous la direction de Mariève Lacroix et Alicia Mâzouz
La question du statut juridique, symbolique et politique des restes humains constitue un champ d’investigation particulièrement fécond, situé au croisement du droit, de l’éthique, des sciences sociales et des transformations technologiques contemporaines. Longtemps appréhendé de manière marginale, le cadavre s’impose désormais comme un objet juridique à part entière, révélateur des tensions qui traversent les régimes normatifs de la dignité, de la personne et de la reconnaissance. Les contributions réunies dans ce numéro proposent une analyse plurielle de ces tensions, en interrogeant tant les fondements conceptuels que les usages pratiques et politiques de la dignité post mortem, dans des contextes nationaux et internationaux
Organisé par le Laboratoire des Transitions, la MSH et Réjouisciences.
Université de Liège, 11 juin 2026 de 17h à 21h
Le concept de Transition est le plus souvent associé aux questions énergétiques mais il concerne également bien d’autres domaines comme celui qui sera développé lors de cet événement : le mode de sépulture.
https://www.durable.uliege.be/cms/c_20644999/fr/regards-croises-sur-l-humusation-mourir-puis-redonner-la-vie
Le colloque international "Au seuil des mondes, regards croisés sur les rites funéraires", organisé dans le cadre du projet Parler avec les mort·es, se tiendra les 6 et 7 mai, à l'Espace Rabelais (Salle des thèses, Campus Saulcy - 57000 Metz).
Session 1 : Les lieux et non-lieux du funéraire
Session 2 : Sensorialités et funéraires
Session 3 : Recompositions rituelles
Session 4 : Pratiques du funéraire, entre traditions et modernités
Trop nombreux dans les cimetières, parfois polluants, souvent trop chers, les défunts qui augmentent avec la population planétaire, ne pourront bientôt plus être traités sur et sous Terre. Les démographes, entreprises funéraires, associations d’endeuillés, soutiens militants de la crémation comme de l’humusation montrent la complexité de cette cruelle réalité.
La question éthique et psychologique du devenir des morts réside dans la disparition définitive des corps, sans restes. Or, l’absence des corps risque de se traduire par une inflation de moyens pour les faire « réapparaître ».
Avec la reconstitution des voix et les hologrammes animés, l’absence du proche, condition sine qua non du deuil ne sera plus réalisée. Quelles seront alors les archéologies du futur sans accès aux restes matériels des morts ?
La mort a sculpté les paysages humanisés : pyramides, temples, arcs de triomphe, ou tout simplement grottes décorées ; la mort n’a été acceptée qu’à condition de laisser des traces pour marquer les décors naturels pérennes. La mort humaine a sculpté la planète. Les cimetières collectifs éduquent les citoyens, les mausolées privés forment les bases des civilisations. La culture peut-elle se maintenir sans la mort et les morts ?
Un débat confronte les convictions matérialistes aux attentes purement spirituelles. La décomposition du cadavre est une transition difficile, aussi le corps embaumé et le squelette sont préférés comme supports de la mémoire. Le choix du virtuel pourrait cependant s’imposer et donner lieu à de nouvelles formes du souvenir. La rationalité conduira- t-elle à l’abandon de nos restes mortels pour des substituts factices ? Les bipèdes nomades appelés sapiens vont-ils quitter leur planète munis d’une clé USB transportant leurs ancêtres ?
Pour célébrer ses dix ans, Le Printemps des cimetières propose une rétrospective des thèmes des précédentes éditions :
- L’Histoire et les histoires de nos cimetières ;
- Mémoire de guerres aux cimetières ;
- Cimetières et symboles ;
- Les femmes dans les cimetières ;
- Faune, flore et biodiversité.
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Dans ce cadre, le service des cimetières de la Ville de La Rochelle - en partenariat avec le réseau "Les Morts" - propose une rencontre autour des enjeux contemporains et historiques du funéraire. Lors d'une conférence qui se tiendra vendredi 8 mai, de 17h30 à 19h30 (au Muséum de La Rochelle), Béatrice Bertrand abordera la place de la religion dans les nécropoles d'Alsace-Lorraine et la question de la légitimation de la crémation à l'issue de la Grande Guerre, et Louise Pichon-Collet présentera ses travaux sur le rôle des cimetières face à la densification urbaine, à travers une comparaison entre Nantes et Malmö.
La prochaine conférence du cycle "Archéologie dans la Cité" accueillera Céline Bon, Laure Cadot, Christophe Marion et Stéfan Tzortzis pour une intervention intitulée "Les restes humains dans la Cité : pratiques et déontologie".
Cette conférence se déroulera lundi 11 mai, de 18h à 19h30, au Musée de l'Homme (Auditorium Jean Rouch, 17 place du Trocadéro - 75016 Paris). Réservation conseillée
La question des restes humains a pris de l'ampleur dans le monde contemporain. Pourtant, cette part matérielle si particulière de l’humanité a longtemps suscité peu d'intérêt, ne provoquant ni débats, ni revendications.
L’histoire des sciences, comme celle des populations ou de la géopolitique, a changé la donne, y compris dans le champ de l’archéologie : sur le terrain, où les méthodes ont changé à partir des années 1970 ; en laboratoire, où l’on a pu dater ces témoins de vie passée par le radiocarbone dès les années 1950, puis ouvrir d’immenses possibilités de connaissance grâce, notamment, aux études paléogénétiques.
Parallèlement, le rapport des vivants à la mort, les enjeux de décolonisation, la volonté de repenser les rituels funéraires et la place des restes humains a bousculé tous les acteurs concernés par ces restes : archéologues de terrain, scientifiques en laboratoire, restaurateurs chargés de préserver ces données, élus élaborant des politiques publiques et des législations, etc. Chacun, soucieux de ces évolutions et attentif à apporter les meilleures réponses possibles - tout en conciliant parfois l’inconciliable - réfléchit, dialogue, agit et propose des solutions. Le dossier est sensible, complexe.
Le colloque international "Mort et dispositifs scéniques" se tiendra les 6 et 7 mai, à l'Université de Lorraine (amphi 3, Campus Saulcy - 57000 Metz), ainsi qu'à distance : https://u2l.fr/mort-dispositif.
Session 1 : Présenter, représenter les corps morts
Session 2 : Esthétiques mortuaires et enjeux mémoriels
Sessions 3 et 4 : Ritualités mortuaires
Session 5 : Politiser la mort
Session 6 : Sensibiliser avec les morts
Inscription et informations : https://mort-dispositif.sciencesconf.org/
De plus en plus d’études démontrent l’impact des inégalités sur le traitement des morts. Selon cette logique, le statut des personnes ante-mortem détermine les conditions de leur prise en charge post-mortem. Moins nombreux sont les travaux qui interrogent comment le traitement des corps morts et des restes humains contribue aux inégalités. En effet, si le traitement des morts incombe aux personnes vivantes, il ne repose pas équitablement sur toutes les personnes et les catégories sociales. Dans cet article, je défends l’idée que pour mieux répondre au problème des inégalités dans la mort, il peut être utile de considérer que les morts constituent une charge pour les vivants. Mon argument est le suivant : en France, cette « charge » qu’entraîne le traitement des morts est non seulement inégale d’une personne à l’autre, mais surtout, inégalement répartie dans la société. Elle repose sur les efforts invisibles des proches des personnes défuntes, comme sur le travail souvent peu reconnu, et peu valorisé, des professionnels des secteurs de la santé et du funéraire notamment. En mobilisant les outils développés par les théorisations féministes de la reproduction sociale et du care, je montre la nécessité d’une répartition collective de la charge des morts, afin de pallier les effets de ce poids qui pèse inégalement sur l’ensemble de la société.
==> COLLIN Camille, 2026. "La “charge des morts”, un problème de justice sociale", Raisons politiques, n°101, p.81-96.
Un autre article de Camille Collin : "Beyond the Living: Death Care and the Boundaries of Social Reproduction, paru dans Ethics and Social Welfare.
Le colloque du 28/11/2025 intitulé Cercueil & Droit et organisé par l'association Vie Droit Mort a Toulouse a été un beau succès, confirmé par un élogieux compte-rendu dans le magazine Résonance funéraire.
Les actes en seront publiés et vous pouvez retrouver ici en ligne les interventions filmées : https://www.canal-u.tv/chaines/ut1capitole/cercueils-droits-colloque-ecole-de-droit-de-toulouse
L'assemblée générale de l'association, ouverte aux adhérents uniquement, se tiendra le 29 mai 2026.